Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 18:48

Justine est moche, justine est grosse.
Elle est mal habillée et toujours mal coiffée. Elle ne prend pas soin d'elle sous prétexte qu'il y a plus important que l'apparence, que seule la personnalité vaut le coup d'oeil. Comme elle se trompe.
Si ca ne tenait qu'à moi, j'oublierai Justine, petit personnage insignifiant. Après tout elle n'a pas sa place. Je cherche encore à la caser, par souci de conscience, dans mon histoire, mais comme je l'ai dit, je cherche...
Et puis ce serait trop facie de la placer sur un passage clouté, immobile. D'autant plus qu'elle ne m'obéirait pas, mon personnage fait de la résistance. Elle ne veut pas se jeter en haut d'un point ou prendre pleins de médocs, c'est pas son truc les morts douloureuses.
Oui, parce que Justine a peur de tout, c'est une trouillarde.
Et puis Justine est un peu parano aussi.
Elle monte dans le RER à l'étage et pour peu qu'il fasse trop chaud, elle pense que je la fais cuire à petit feu, ayant déclaré un incendie au rez de chaussée. Pour elle rien n'est jamais normal, elle n'accepte pas les choses telles qu'elles sont, comme elles viennent.
Un autre exemple, elle va passer à coté d'un SDF a l'odeur putride et là, c'est sur, c'est un truc mort (humain ou animal) qui repose dans les sacs poubelles aux pieds du mec.
Justine est une idiote: elle croit à l'amour parfait, à celui qui dure 50 ans. Du genre ces vieux là, qui sont bras dans les bras. Elle occulte alors tout ce qui a pu se passer dans la vie de ces gens: dispute, divorce, meetic. Du n'importe quoi.
Pour elle, les oppositions n'existent pas, un paradoxe à elle-même. Si elle trouve idyllique/ idéal ces vieux là, elle aime aussi l'aventure, vivre d'amour et d'eau fraiche: avoir un amant par nuit et le jeter au matin pour sentir sa toute puissance...

Elle rêve, hors de la réalité dans le monde des hypothèses et suppositions. L'action, ca doit pas être son truc.
Justine a des tics, mais c'est le stress qui les provoque. Elle dit que c'est plus fort qu'elle. Elle a mal au ventre tout le temps, et ca passe pas.
Elle est du genre à rebrousser chemin et ne pas aller à la fac, pour prétexte que le feu est rouge, ou qu'il y a trop de monde dans le train. 
Justine est seule aussi, et personne n'aime Justine. Elle se sent rejetée et je ne sais pas trop quoi, j'ai arrêté de l'écouter depuis qu'elle ne m'écoute plus. 
Soit disant parce que Justine est moche, Justine est laide. Justine c'est Socrate numéro 2 !
Elle ne comprend pas beaucoup de choses, voir ne comprend rien et trouve tout injuste.
Parfois, elle va mal, et s'il ne tenait qu'à elle, elle disparaitrait un moment, recroquevillée dans son lit. Mais voilà, je ne l'ai pas doté d'une couette magique, alors elle continue de vivre des jours avec pleins de lendemains.

 

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La plume m'a laissée tombée.

Enfin, elle va cesser de me mettre le grappin dessus.

Enfin l'indépendance, elle va arrêter de me dévaloriser, de m'en faire voir de toutes les couleurs.

Et oui, il ne faut pas croire, les écrivains font n'importe quoi avec leurs personnages.

D'ailleurs, bien plus que ça, elle m'a délaissée. Elle a laché la plume, après avoir mouillé le papier. Et j'ai cessé d'exister. Ou pas: me revoilà.

 

Pour habiter sa conscience et avoir farfouillé son cerveau, j'ai mis son corps humain en pilotage automatique. Elle souffre drolement en fait. J'ai pris le contrôle des lieux, pénétré sa mémoire. Désolée Roland Barthes, j'existe à travers elle.

 

Elle a mal, souffre énormément. Douleurs physiques et mentales qui l'envahissent chaque matin. Se propageant partout dans le corps, partant du coeur. Et rien ne l'apaise. Elle cherche de l'aide à droite, à gauche. Elle trouve le silence, l'indifférence, l'absence et des mots qu'elle n'aime pas entendre.

Il lui manque terriblement et il ne reviendra pas. Elle a beau l'espérer, c'est fini.

 

Fini l'amour, finie la belle vie. Elle aimerait disparaitre chaque matin, quand un nouveau jour s'annonce. Son organisme n'a pas prévu les bons anticorps, c'est le manque qui l'assaille, et contre ça, elle ne peut rien. Elle ne peut qu'attendre, elle chez qui la patience n'est pas une qualité. Et c'est long d'attendre, c'est trés long.

 

Alors moi, Justine, être de papier et morceau de conscience d'auteur, je vais lui faire retrouver la vie en rose. Ou plutôt, je vais profiter de cette situation pour devenir réalité, de chair et d'os.

Puisqu'elle n'a plus envie de rien, j'ai son corps à disposition.

 

A suivre

Par evAn
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 11:08

Que des souvenirs, il me reste.
D'une guerre qui éclate, entre ennemis irréels et causes niaises.
Qui éclate avant la fin de mes études.
 
Et j'y combats. Aux cotés d'un Ephram.
Avec qui je couche pour la première fois.
Et l'amour qui se fait, inné, instantané, planant, paisible, fiévreux, déchainé, fort.

Un duel, une fusion.
 
Des brides de souvenirs. La prison, le terrain.
Et cette chambre blanche.
 
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Il m’a fallu un parmi des dizaines de voyages en bus pour percuter. Percuter qu’on était plus ou moins en guerre. Je ne m'étais rendue compte de rien, rentrant des cours. A base de politique, de philosophie. Beaucoup de politique, savoir ce qu'il faudrait faire pour mettre en place l'harmonie, le bien, le bonheur dans la société. Etudes de cas, études d'oeuvres.
 
Je n’avais fait attention à rien, coupée du monde, me levant tôt, rentrant tard. Le nez dans les livres. Plus de parents, pas d'animaux, pas même un poisson rouge ou la télé; un poste. Que je n’écoutais à vrai dire pas souvent. Une chambre de bonne, peu de rentrée d’argent, juste ce qu’il faut.  
Mais le chaos est bien là.
Plongé dans la réalité empirique, celle connue de tous. Qui l'ont d'ailleurs vu venir de loin. Et moi, très loin de tout ça, finalement.
Jamais aucune attention portée sur la dégradation de l’ambiance, le chat de la voisine qui ne m’attendait plus sur le palier, de la grisaille du temps omni présente, de cette nouvelle odeur dans l’air, du quartier qui se désaffectait, des gens que je ne recroisais plus, de l’épicier qui était parti. Le soleil qui a perdu son chemin. Qui se cache sous de gros nuages.

Il a fallu un seul retour pour voir ces immenses et stupéfiantes bestioles. Alors que nous traversions le bois en car. Comment décrire… Enormes. Mélanges de sauterelles aux yeux de mouches. Ventre proéminent, peau luisante entre le verdâtre, le jaunâtre.

J’étais fasciné. Je n’ai pas bougé. Jusqu’à ce qu’il me tire de là, un être sorti de nulle part. Vaillant, tuant la bestiole en la plantant avec son couteau.

 Oui, parce que le bus en embuscade. Et c'était sauve qui peut.

 

 

On a couru. Couru pour sortir du bois, regagner la grisaille… La ville s’élevait au loin, on était sorti. Terre rase et pleine campagne. L’a-t-on gagné ? Avant que ma vue s’assombrisse, que mes membres se paralysent…

« Non, non, non ! » A croire que c’est trop tard, je percute le sol.   
 
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J'ouvre les yeux.
Un appartement vide. Sombre. Propre.
Matelas à terre. Ambiance high tech et sensation de survie. La pénombre, peu de lumière, excepté celle du lampadaire.

Le grand homme cuisine. Je ne suis qu’en tee-shirt sous vêtements.
"Tu te réveilles? Tu vois ? Non, non, non, ne t’enfuies pas Leï. C’est pas prudent. Moi c’est Ephram. "

Mais de quoi parle-t-il ? Je n’ai plus aucun souvenir. Mémoire vidée.

"Bonjour".

Plus rien. Je crois que c'est à partir de là, que ma mémoire est devenue défectueuse. Il m'explique qu'il a tout fait pour sauvegarder mes souvenirs. A commencer par mes membres, par ma vue. Mais la mémoire, il n’y arrive pas. Il ne sait pas guérir ces blessures là.

Rapidement, son flot de paroles m'incombe, je ne comprends pas.
Une histoire de guerre entre … et … . Je commence à rassembler mon jean, mon sweat mon… et lui balance sévèrement un « C'est cela, prenez moi donc pour une pie!». Surprise moi même de l'expression, j
’enfile mon jean.

"Oui, excuse-moi du peu de pudeur."

Je m'en vais.

"Hey, tu restes là ma jolie. Tu restes parce que si tu pars, je ne reste pas, je te suis. Au aussi dingue que ça puisse paraître j'ai fouillé, remué tes songes, je te connais. Ta solitude, ta lâcheté aussi. Du genre : « S'il n'y a plus rien à sauver, pourquoi se battre? »
Alors non, Leï, tu ne partiras pas sans moi. On est deux maintenant."

Je suis stupéfaite.

"Tu es en deuxième année au bâtiment qui fait le coin du quartier des Résistants, dans Linomu. Ancienne fabrique, reconvertie, puisque c’est à la mode. 2ème année de la filière FC, dont on ne vous a jamais expliquer la signification. On te fait ingurgiter la politique et la philosophie, les notions de bien, de bonheur, de cohésion. Et en troisième année, on te montre ta société et la corruption qui y règne. Et t’es sensé changer les choses. Alors soit t’arrives au gouvernement, soit t’es directement dans les brigades après avoir subie quelques transformations de ton organismes pour aller vaincre ces bestioles échappées des labos pour purifier ta cité.

 

Au final, ça reste le chaos et tu te retrouves à moitié mutant. Parce qu’on n’est pas assez. Parce que les gens préfèrent rester dans leur merde, pétrifiés de trouille.

Drôle de tête. Si tu sors, je vais devoir te protéger, autant que je serve à quelque chose, en attendant que l’école prenne plus d’ampleur.

 

Je cogite. Explication non rationnelle. La cafetière qui siffle.

Des armes un peu partout, des lotions et autres fioles. La porte blindée.

 

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La guerre éclate, un terrain vague, des balles qui se perdent, partout.
- Ephram !
- Qu’est ce que tu fous ma belle là ? Leï !

Leï, rappelle toi, rappelle toi Leï. De la guerre, la guerre, le combat, nous. Leï,  tiens ton arme. Rappelle toi !

J’obéis, Instinctivement je tire, je m'oublie. J'effectue, je tue.

 

 

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La trompette sonne, c'est fini. Au loin, Ephram est tombé. Sans moi, perdue. Je tombe à mon tour. Mais je suis vivante, moi. Vivante. Ephram, blessé, mort. 

Le sang qui part, allongée sur cette herbe rouge. Et cette odeur de fer.
Les souvenirs...

- Les parties de poker.

- Les parties de domino.

- Les films piratés.

- Les pistes téléchargées.

- La bonne humeur et les croissants.

- Le lit.

- L'amour

- L'appel 

- L'équipe des résistants.

- Ma transformation.

- Le départ.

 

 


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Il ne reste plus rien. RIEN. Sauf moi. Et ce truc.
Ce truc qui pousse en mémoire de LUI. LUI qui m'a quand même sauvé la vie.

 

Cette chambre blanche, cette pseudo-paix. Cette pseudo-extermination. Pour combien de temps ? Des animaux transformés, des hommes se sentant tout puissants.

Et tous ces gens rassurés.

Et moi perdue dans mes désillusions.

Par evAn
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 20:57
it was only a kiss it was only a kiss...

Chaque week end c'est la même chose, on dirait que ça dure depuis une éternité.
Ces deux vies toujours à concilier.

Lui, l'aimer à la folie. L'aimer tout seul. Et s'enfermer.
Ne plus voir personne. Vivre dans l'ombre, protégée de l'autre. L'autre elle. L'autre réalité.

L'autre qui survient à son départ. Qui a existé avant lui, qui lui survivra. Là pour toujours.
Là à mettre la pression, là à secouer son corps. Là à raisonner. Là a vouloir.

Et l'autre, soumise au sentiment. Soulevée et boulversée. Ne sachant trop comment ça arrive.
Cette autre qui meurt, quand il s'en va. Elle meurt en s'évaporant par quelques larmes versées. Puisque c'est dur de dire non je ne viens pas, dure de rester forte. Parce que c'est dur de te voir partir. Et de rester là sans rien faire. Attends je viens... Il ne sort pas, tu t'en vas.
Te voir partir, et savoir que ca va encore durer. Cet engrennage. Illusion d'avoir cru que j'y échapperais. Que j'y échapperais aujourd'hui.

Dur de trouver l'équilibre, d'arriver à ta hauteur.
Dur de savoir si je suis aussi bien. N'être rien.


Je ne supporte plus. Nous sommes gouvernés par le temps, régis par lui. Ce temps auquel tu te plis aveuglément, auquel je me bas quotiennement, vaincu de manière permanante.

Je ne t'ai pas suivi et je m'en mors les doigts. Qu'as tu fait pour m'emmener. Tu as manqué de conviction, tu as cru respecter mon choix au lieux de m'aiguiser. Tu fais comme tu veux... Comme si tu ne savais pas qu'en permanence je ne sais pas.

Là il y a un trou dans mon ventre, qui se referme plus tu t'en vas.
Par là elle s'en va. L'autre revient.

Tu me laisses seule dans ce fouillis. Et seule j'y suis en permanance. Toute seule.
La solitude toujours. Le temps pour ennemi. Mais tu es déjà loin.

Si tu m'aimais t'y serais allé au culot.
Si tu m'aimais tu m'aurais kidnappé.
Si tu m'aimais, tu me secouerais davantage.
Mais tu es grand, adulte et sérieux. Et après tout...



Non l'amour est égoïste. Et chacun n'y voit que son propre profit.


                                                    
Par evAn
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 18:16

Manon !

Je viens te dire que je m’en vais… Oui je sais c’est comme la chanson. J’ai tout réglé, t’inquiètes pas. Le moment est arrivé Manon. Je pars pour Lille cette après-midi.  Il était temps de toute manière, arrête de jouer avec guizmo.  Oui je sais il est doux, une heure à le coiffer. Prends en soin même s’il est un peu encombrant. Je tiens à toi, tu sais bien.

Panique pas, j’ai tout préparé je te dis. Tu ne seras pas perdue : j’te file 500 euros pour commencer. Et même un logement : une chambre sous les toits, t’as l’adresse, et c’est meublé un minimum. J’ai même pensé à la carte de transport à ton nom.

Oui, même tes affaires ont été transportées. Mon compte en banque t’a suffisamment entretenue, on s’arrête là, on reprendra plus tard. Quand t’auras grandi ma belle. Là, c’est le massacre. Je ne peux plus te nourrir, te loger, te parer. En plus, tu ne fous rien, là, Manon écoute ! Tu foires ta licence, tu préfères traîner, t’extasier devant des vitrines hors de prix…  Manon ! »

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Eh Manon, sourit, fait un bisou sur la joue à son pote de toujours, drôle de pote d’ailleurs. Prends la tune, la carte, et tous les papiers, et surtout Guizmo, son fauve grandeur nature. Pas même un merci. Elle part, lève un bras en l’air d’un signe de « ciao amigo », et part, nonchalante…


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Si j’avais su!

 

Par evAn
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  • : Op là bouM
  • : 17/10/2008
  • Op là bouM
  • : De curieuses nouvelles. Un super talent? ^^ :D boNNe lecture !

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